Après un premier épisode cantonné au Japon en 2009, puis un deuxième qui avait fait l’effet d’un OVNI sur 3DS en 2013, Tomodachi Life s’apprête à faire son grand retour sur Nintendo Switch 2. Que vaut cette promesse d’une « vie de rêve » nouvelle génération parmi les Mii ? Nous en avons pu y jouer.
Les Mii nous viennent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. En tout cas, pas comme ceux qui ont eu un jour le plaisir de posséder une Nintendo Wii. Si les avatars de l’époque ont encore une place aujourd’hui sur Nintendo Switch 2 et antérieure, ils n’auront jamais été aussi populaires qu’à l’époque. Pour autant, Tomodachi Life Une vie de rêve est sur le point de les remettre sous le feu des projecteurs. Ce jeu de simulation de vie complètement décalé nous érige en grand manitou d’une île de villégiature qui n’attend que d’être peuplée et aménagée. Mais ce nouvel épisode sera-t-il aussi truculent que les premiers jeux ? Nous avons pu l’essayer avant sa sortie sur Nintendo Switch 2 le 16 avril 2026, voici nos premières impressions.
Une histoire unique qui s’écrit sous nos yeux
Une nouvelle île nous tend les bras dans Tomodachi Life Une vie de rêve. Troisième volet d’une licence qui s’est popularisée chez nous avec le deuxième épisode, il repart sur une base efficace qui a largement fait ses preuves. Comme dans les précédents épisodes, nous voilà à la tête d’un terrain enclavé qu’il va nous falloir peupler, personnaliser et surveiller. Une vaste mission qui s’annonce très drôle.

Car dans Tomodachi Life, nous sommes à la fois acteurs et témoins de la dynamique insulaire. À nous tout d’abord de donner naissance aux individus hauts en couleur qui vont y évoluer. Enfants, adultes, personnes âgées, on a le choix, en sachant que cette preview nous permettait de créer jusqu’à 6 Mii pour le moment. Même si cet échantillon est un peu restreint pour se rendre compte de toutes les possibilités du jeu, il se montre déjà plein de surprises.
Une fois les habitants de l’île créés, la magie peut opérer. Chacun s’installe dans son propre appartement, mais on ne peut pas dire que les Mii soient des êtres très autonomes. Que ce soit pour se nourrir, se divertir, s’habiller ou décorer leur intérieur, ils ont besoin de notre intervention. Ça tombe bien, car l’île est prête à accueillir toutes sortes de magasins pour satisfaire leur besoin. Supérette, boutique prêt-à-porter ou de décoration... tout est bon pour les satisfaire.
En fin de compte, si la sortie de Tamagotchi Plaza est passée un peu inaperçue l’été dernier, Tomodachi Life est peut-être l’expérience la plus proche d’un Tamagotchi de poche. Comme avec le célèbre jouet, on prend soin de ces avatars un peu décalés au jour le jour, on participe à leurs mini-jeux, on les voit développer leur personnalité. Rien de mieux pour s’attacher à eux que de les aider à s’épanouir, même si leur aventure n’est pas toujours de tout repos.
Car l’histoire de Tomodachi Life Une vie de rêve, ce sont nos Mii qui l’écrivent. Bien sûr, on prend une part considérable dans son déroulement. À nous de les pousser à interagir entre eux, mais aussi de les conseiller quand ils nous le demandent. Doivent-ils parler à untel ? Faut-il qu’ils encouragent deux de leurs connaissances à devenir amies ? Est-ce une bonne idée qu’ils emménagent avec leur meilleur ami ? Tout cela, c’est à nous d’en décider, tandis qu’eux deviennent les acteurs de cette pièce qui se joue sous nos yeux avec les éléments qu’on leur donne en main pour vivre leur vie tous ensemble sur l’île.

Véritable maison de poupées interactive, Tomodachi Life Une vie de rêve pousse bien moins loin l’aspect simulation que Les Sims par exemple. Ici, tout est bien plus tourné en dérision. Les personnages s’animent avec des émotions toujours extrapolées, donnant lieu à des scènes aussi drôles qu’absurdes. Le plaisir vient alors dans la découverte de toutes les interactions qu’ils proposent, que ce soit quand ils sont seuls, en groupe, ou même avec nous directement. Nous en avons déjà eu un bel aperçu pendant cette preview, avec tout de même quelques redondances. Il nous faudra encore quelques heures de jeu pour confirmer si, oui ou non, le jeu parvient à se renouveler assez pour nous happer durablement une fois passée la découverte, y compris dans son gameplay.
Tomodachi Life bonifie son gameplay sur Nintendo Switch 2
La prise en main de Tomodachi Life Une vie de rêve ne dépaysera pas les adeptes de l’épisode sur 3DS, mais s’enrichit de plusieurs fonctionnalités par-ci par-là. Cela démarre dès l’éditeur de personnage, qui délaisse la possibilité de s’aider d’une photo pour concevoir son Mii directement dans le jeu. Un retrait qui peut étonner puisque la Nintendo Switch 2 compte une caméra parmi ses accessoires. Cela dit, l’option est remplacée par une conception guidée, durant laquelle on donne des indications générales sur le physique de l’avatar afin qu’il soit généré par le jeu, un résultat qu’on pourra valider tel quel ou peaufiner manuellement ensuite.
Bien sûr, il est aussi possible d’importer un Mii créé au préalable pour un profil de sa console, ou de le créer nous-mêmes de A à Z, avec les traditionnels outils à disposition. On comptera quelques modèles supplémentaires parmi les différents éléments de personnalisation, apportant un peu plus de variété. Enfin, nous avons à présent la possibilité de dessiner sur le visage avec les Joy-Con ou l’écran tactile. L’idée est vraiment bienvenue puisqu’elle offre une personnalisation encore plus complète.

Une fois notre premier Mii créé, l’aventure Tomodachi Life peut démarrer. Les premières heures de jeu sont relativement guidées pour acquérir les mécaniques de base. On commence par apprendre à nourrir son personnage, ce qui nécessite de faire quelques courses à la supérette. Chaque jour, la boutique propose de nouveaux aliments, soit autant de saveurs à faire découvrir à notre personnage et tous ceux qui suivront. Or, chacun a ses préférences, et cela, on le découvre avec eux à mesure qu’on leur fait goûter des plats différents. Et cette logique, on la retrouve tout autant pour la décoration que les vêtements des Mii.
Progressivement, chacun exprime des besoins divers, comme l’envie de compléter une tenue ou d’aménager autrement son chez-lui. On part ainsi à la découverte des autres boutiques, qui proposent cette fois un catalogue permanent en plus d’un temporaire. À nous ensuite d’offrir aux insulaires ce qu’ils demandent, mais cela pourrait ne pas vraiment correspondre à leurs attentes. Dans l’immédiat, cela ne semble pas avoir une grande incidence sur leur développement. C’est malgré tout amusant de voir s’ils aiment ou non ce qu’on leur choisit.
Pour autant, on a tout intérêt à satisfaire nos Mii autant que possible, car tous ces achats ont évidemment un coût, même dans une vie de rêve comme celle-ci. Le nouveau Tomodachi Life dispose d’une économie interne. Le fait de répondre au mieux aux attentes des personnages est une des diverses manières d’obtenir de l’argent en jeu pour ensuite acheter tout ce dont on a besoin. Et de l’argent, on risque d’en avoir besoin. Car plus l’aventure avance, plus nous avons de Mii à nous occuper, plus nous avons de besoins à remplir. D’autant que de nouvelles boutiques ne vont pas tarder à ouvrir.

L’une des autres grandes nouveautés de ce Tomodachi Life Une vie de rêve n’est autre que le Centre d’urbanisme. Pour faire simple, il s’agit tout simplement de la boutique où acheter tous les éléments de décoration de l’île. Car, dans cet épisode, vous pouvez en plus personnaliser l’environnement, aussi bien pour choisir la nature du sol (terrain d’herbe, route, plage…) que pour l’aménagement. Bancs, lampadaires, fleurs, arbres… à nous de choisir comment habiller cet espace, parfois en suivant directement les requêtes des Mii. Cela ajoute une dimension très actuelle au jeu, qui le rapproche un peu plus d’expériences à la Animal Crossing New Horizons et Pokemon Pokopia. Pour autant, il ne faut vraiment pas s’attendre à une personnalisation aussi poussée. Si le mobilier urbain est voué à s’agrandir au fil de la progression, on reste très loin de ce que proposent les autres jeux.
Malgré tout, Tomodachi Life Une vie de rêve laisse une belle place à la personnalisation, grâce à son Atelier de création. En plus de pouvoir dessiner nous-mêmes sur le visage des Mii, on peut personnaliser tout un tas d’autres éléments en jeu en créant par exemple des motifs, comme on le ferait dans un Animal Crossing typiquement. C’est une belle façon d’apporter sa touche personnelle à l’île ou encore aux tenues des habitants. On peut même créer nous-mêmes des plats, et cela, sur la demande des insulaires eux-mêmes. À l’aide d’un outil crayon, de modèles prêts d’avance et de tampons, on s’amuse à élaborer des recettes réelles ou farfelues. Là encore, la réaction des Mii est la meilleure des récompenses.
Une vie de rêve qui coule d’elle-même dans Tomodachi Life
Au premier regard, la direction artistique de Tomodachi Life est plus qu’étonnante. On observe des Mii évoluer dans un décor plutôt cartoon, très coloré. Sauf que ponctuellement, ils interagissent souvent avec des objets représentés par des photos réelles en 2D. Que ce soit un décor, un plat ou même un cadeau à leur offrir, ce décalage absurde rappelle certains dessins animés des années 1990-2000, Bob l’Éponge en tête. Certes audacieux, ce choix visuel est aussi là pour servir tout l’humour du jeu et ça fonctionne à merveille.
Même sur le plan audio, Tomodachi Life Une vie de rêve reste fidèle à l’ADN de la licence. On adore jouer avec les voix automatisées du jeu. À l’heure où l’intelligence artificielle est capable de reproduire à la perfection les voix humaines, Nintendo mise une fois de plus sur un rendu qui ne fait pas réaliste, mais plus robotique, avec des intonations tout bonnement hilarantes. Ajoutez à cela le plaisir d’entendre certains thèmes musicaux propres à l’univers de Mii, comme ceux des applications de la Wii, et vous obtenez une bonne claque de nostalgie.
De plus, la technique suit très bien sur Nintendo Switch 2. Pour l’heure, nous n’avons pas encore eu l’occasion de repousser les limites du jeu en atteignant le nombre maximal de Mii et d’éléments sur l’île. Pour autant, nous pouvons déjà dire que les premières heures se sont déroulées sans accroc. En mode docké sur le téléviseur comme en portable, aucun bug à l’horizon. Bien sûr, nous ne sommes pas face à un titre très demandeur graphiquement parlant.On profite d’un rendu fluide, qui n’a même pas à souffrir de temps de chargement, si ce n’est d’une animation brève pour passer d’un écran à l’autre.
On apprécie en plus la prise en charge du tactile pour la personnalisation de personnage, ainsi que du mode souris des Joy-Con pour l’aménagement de l’île. Vu le gameplay de ce Tomodachi Life, on se demande un peu pourquoi ces fonctionnalités ne sont pas plus généralisées dans le jeu, mais au moins elles sont présentes là où on en a le plus besoin.
On l’attend… comme un nouvel El Dorado cosy
Cette première mise en bouche de Tomodachi Life Une vie de rêve a été un vrai bonbon. La découverte du jeu, même si elle nous prend souvent par la main, est captivante tant les Mii sont tordants. Entre interactions imprévisibles et humour absurde, Nintendo livre là un titre décomplexé. Pas question de prendre pas la tête, bien au contraire. Mais surtout, ce nouvel épisode accueille des fonctionnalités de personnalisation bien plus poussées. Les esprits les moins créatifs n’y seront pas les plus sensibles, c'est vrai. Cependant, les autres pourraient bien passer des heures à l’Atelier de création. Maintenant, il nous faut encore pousser l’expérience plus loin pour voir jusqu’où va cette vie idyllique, d’autant que quelques boucles redondantes commencent à se faire ressentir. Malgré tout, s’il tient ses promesses, le retour des Mii sur Nintendo Switch 2 pourrait bien être la nouvelle expérience addictive qu’attendent les amateurs du genre.

